Marcus Garvey et panafricanisme

L’un des événements majeurs de l’histoire de l’Afrique et de celle du reste du monde a été la

migration forcée des Africains vers les Amériques et le Moyen Orient par la traite des esclaves

pendant plus de trois siècles.

W.E.B. Dubois estime à 15 millions le nombre d’individus qui ont été ainsi transplantés en

Amérique.

D'autres chercheurs avancent le chiffre de 100 millions. Au lendemain de l’abolition de

l’esclavage des Africains en Amérique, la situation de ces derniers s’était aggravée du fait d’une

discrimination légale et de leur exclusion socio-économique. Blancs libéraux, Blancs racistes et

Noirs à la recherche de la quiétude envisagèrent tous à leur manière des solutions pour régler ce

qu’on appelait déjà la « question des Noirs ». Le rapatriement en Afrique des Noirs fut l’une de

ces solutions.

C’est à un commerçant noir Paul Cuffee que l’on doit le premier transport de 38 Afro-Américains

en Sierra Léone en 1815. En 1816 fut créée l’American colonizing society (ACS).

Ladite société transporta au XIXe siècle quelque 16.000 Afro-Américains et créa le Libéria.

C’est le Jamaicain Marcus Garvey qui ralluma la flamme du retour en Afrique au début du XXe

siècle.

Il créa en 1914 l’Universal Negro Improvement association (UNIA), association destinée à

transformer positivement la situation des Noirs de la planète. Dans son programme, l’UNIA

préconisa la création de structures économiques, d’enseignement et de formation, d’une flotte (la

Black Star) pour le commerce entre les Noirs d’Afrique et ceux d’Amérique et surtout la

constitution d’une puissante nation en Afrique. Il choisit le Liberia comme pays appelé à jouer ce

rôle de fer de lance du développement de l’Afrique.

Il entendait y installer en deux ans, à partir de 1924, de 20 000 à 30 000 familles.

La délégation qu’il envoya au Liberia étudier avec les autorités locales la faisabilité du projet

fut par la suite arrêtée et expulsée ; les matériaux de construction et les marchandises furent

confisqués.

Cet acte condamna à l’échec le plan de rapatriement de Marcus Garvey.

 

 

 

Précédent

 

Page d'accueil